Un peu d'histoire

Depuis la nuit des temps les hommes ont cherché à faire briller leurs créations, protéger et révéler la beauté des matières en appliquant un "vernis". Les grecs et les romains vernissaient quelquefois le marbre de leurs statues.

On utilisait des huiles, des résines et divers ingrédients qui étaient bien connus depuis presque la préhistoire. Ce qui a changé au fil du temps ce sont les recettes et techniques d’application, le vernis au tampon ne fut mis au point que fin 18ème siècle. Roubo dans son traité d'ébénisterie en 1774 donne une recette qu'il présente comme une variante du "Vernis de Venise" mais ne parle pas de tampon.

" ...une pinte ou deux livres d'esprit de vin, de cinq onces de sandaraque la plus blanche possible, de deux onces de mastic en larmes, d'une once de gomme élémy, & d'une once d'huile d'aspic, le tout fondu au bain-marie sans que ...".

Si on traduit ça nous fait environ 1 litre d'alcool, un total de 240 grammes de résines et 30 grammes d'huile. C'est assez similaire de ce que l'on utilise pour le vernis au tampon.

Aujourd'hui on a facilement accès à des dizaines de composants et solvants, sur le net on dispose d'une pléthore de textes, de vidéos, la science nous éclaire comme jamais! Pourtant, dans le monde réel on constate vite que tout cela ne remplace pas l'expérience et la pratique. Mon conseil est de commencer dans la simplicité avec 4 produits : huile de lin, essence de térébenthine, gomme laque blonde, alcool à 96°.

Si vous maîtrisez déjà tout ce qu'on peut faire avec ces quatre produits ce sera déjà très bien! Il faut se rappeler que pendant des décennies on a fantasmé et cherché à percer les secrets du vernis de Stradivarius pour que finalement la science tranche : c'était juste de l'huile et quelquefois avec un petit rajout de résine.

La gomme laque

Je termine presque systématiquement mes ouvrages par un vernis gomme laque. La gomme laque évoque immédiatement le vernis au tampon, une technique qui va intimider un débutant et que je ne vais pas évoquer pour l'instant, l'objectif étant de proposer des choses simples.

En fait très souvent je l'applique au pinceau, des pinceaux très touffus avec des poils très souples. Mon grand-père qui était ébéniste appelait ça la laque de cimetière, référence aux cercueils qui devaient être finis très rapidement !

Le plus souvent mais pas toujours j'applique la gomme laque sur une couche d'huile de lin posée 24 à 48 hrs avant, la surface de l'huile va un peu se mélanger avec la gomme laque et les deux polymères vont adhérer parfaitement.

La gomme laque en paillettes ça vaut 30/35 € les 500 gr, avec ça on a largement de quoi s'amuser un bon moment. Pour préparer le vernis j'utilise un bocal à stériliser d'un litre avec son joint en caoutchouc. On verse 1 litre d'alcool à 95° sur 150 à 200 gr de paillettes. On remue très souvent sinon ça forme une masse gélatineuse qui mettra très longtemps à se dissoudre, mais elle finira quand même par fondre.

Ensuite je verse le vernis dans une bouteille avec un joint caoutchouc comme sur la photo, c'est ce que j'ai trouvé de plus pratique. Je m'en sers pour verser dans un petit bocal pour l'application au pinceau ou dans un tampon quand j'en ai besoin.

Ci-dessous les paillettes, le pinceau et le petit récipient, l'alcool à 96°.

La boite à sel c'est pour la poudre de ponce, on verra plus tard.

Pour l'application au pinceau on utilise un vernis un peu plus épais que pour le vernis au tampon, il faut que le local soit à au moins 20°, on applique rapidement des couches fines sans insister ou revenir sur ce qu'on vient de vernir.

On laisse bien sécher chaque couche avant la suivante (au moins une demi-heure), en général trois couches suffisent. Lors de la pose de la deuxième ou troisième couche les couches précédentes peuvent se ramollir et ça prend un drôle d'aspect, il ne faut pas revenir dessus mais laisser sécher, en général ça s'arrange. Le séchage définitif va prendre au moins 24 hrs mais c'est sec au toucher en quelques minutes

Petit truc perso, pour les manches et poignées d'outils, dès que le vernis est sec au toucher je caresse d'abord très légèrement puis plus fort la surface pour lisser le vernis.

Le vernis au tampon

Je ne vais pas décrire la manière de réaliser un vernis au tampon traditionnel que l'on trouve à divers endroits, comme dans le "Nouveau Manuel Complet de l’Ébéniste et du tabletier" de MM. Nosban et Maigne. Les vrais spécialistes le font mieux que moi. Je veux juste évoquer des points qui me semblent importants après mes débuts dans cet exercice:

- Ça parait évident mais c'est un préalable, la finition doit être parfaite avant de commencer, le vernis va révéler le moindre défaut et pas du tout les faire disparaître.

- La température de la pièce doit être autour de 20°.

- Pour les tampons j'utilise du tricot de pure laine, mouillée la laine garde son élasticité et ne va pas dégorger trop facilement et alimente régulièrement la toile en vernis.

- Pour le rempli j'utilise une toile de lin solide, pour le vernis de la popeline de coton.

- Toujours laisser sécher plusieurs heures, égrener et dépoussiérer avant chaque tamponnée, papier de verre très fin usagé, chiffon.

- J'utilise l'huile de vaseline pour faire glisser le tampon, avec parcimonie bien sûr, ... mais suffisamment.

-

Retour Menu